Si l’on vous dit Russie alors qu’il est question d’automobile, Lada, Gaz, préparations d’un goût aléatoire vous viendront à l’idée. Eh bien, ceci est une vision qui ‘pourrait’ changer. Et pas seulement parce que la Russie est en passe de devenir le 6ème plus gros marché automobile mondial. ‘Pourrait’, en particulier si la firme Marussia et sa super sportive se montrent aussi pertinentes dans le monde réel que ce qu’elles veulent bien laisser entendre sur papier. Depuis 2008 (Marussia Motors ayant été fondée en 2007), vous avez pu entendre parler de ces sportives made in Russia, sous forme de concept, alors que s’invitaient en 2009 dans les allées du Salon de Francfort les modèles B1et B2.
Ceux-là sont du reste d’ores et déjà homologués en Russie. Cependant, Marussia vise un peu plus large que son seul pays d’origine, et poursuit en ce moment même des tests de fiabilité avec l’idée d’écouler ses produits au-delà des simples frontières russes, en Europe Occidentale notamment. C’est d’ailleurs à Londres que s’exposait tout récemment la B1, en marge d’une cérémonie officielle présentant la MVR-02 – monoplace que pilotera Timo Glock durant cette saison 2011 de F1. MVR pour ‘Marussia Virgin Racing’. Car l’entreprise a également investi la Formule 1, entrant dans le capital de Virgin Racing. De quoi sans doute apporter notoriété si ce n’est légitimité pour espérer vendre des super sportives.

Marussia B1

Des super sportives, B1 et B2, dont la carrière devrait elle aussi débuter cette année. Les premières livraisons sont annoncées pour l’été.

B1 et B2 s’avèrent en réalité quasi similaires. Elles ne diffèrent que par leur carrosserie (même châssis, mêmes moteurs, habitacle identique). La B1 est pour ainsi dire le modèle de base, la B2 arborant un design plus osé, futuriste, caricatural, agressif. En cela, la B1 et sa ligne d’une grande finesse, voire d’une certaine pureté loin de l’aspect torturé de la B2, se révèle parfaitement réussie. On l’imagine aisément poser aux côtés de la 458 Italia sans rougir de la comparaison. Mais plus qu’une simple pièce esthétique, la B1 (et donc B2) annonce des caractéristiques réjouissantes. Ne cherchez pas une base de Fiat 124, cette russe-là, berlinette biplace propulsion, embarque un V6 en position centrale arrière. Trois options seront disponibles : un V6 3.5 atmosphérique décochant un maximum de 300 ch et 410 Nm. Ou bien un V6 2.8 turbocompressé de 360 ch et 520 Nm ou, au choix, 420 ch et 600 Nm. Détail essentiel : chacun de ces blocs a été développé par Cosworth. (Cosworth qui motorise d’ailleurs également les Marussia Virgin Racing.)

Marussia B2

Quelle que soit la configuration, le couple du V6 progressera ensuite jusqu’aux roues arrière via une transmission automatique à 6 rapports munie de palettes au volant (une boîte dont la provenance n’est malheureusement pas précisée). Des puissances qui n’ont rien de délirantes direz-vous, mais qui n’auront à bousculer que 1 100 kg, poids annoncé pour la B1. Une masse équivalente à celle d’une MX-5 (pour la puissance d’une M3) rendue possible grâce à l’emploi d’un châssis semi-monocoque en aluminium puis d’une architecture tubulaire de type spaceframe, ou encore de panneaux de carrosserie en fibre de carbone. Résultat : un rapport poids/puissance de seulement 2,6 kg/ch (équivalent à celui d’une 458 Italia) et un 0 à 100 km/h de 3,8 sec (annoncé) dans le cas du modèle le mieux doté. Étant donné des puissances plus modestes, les vitesses de pointe resteront inférieures aux super sportives de plus de 500 ch. Marussia lance sans se compromettre un ‘+ de 250 km/h’.

Reste la question de la dynamique qui pourra n’être jugée que sur pièce. La firme russe précise cependant que ses modèles seront tout aussi à l’aise en conduite tempérée sur route, notamment grâce à la transmission automatique et le couple important, que sur piste.
Avec un prix estimé à 110 000 £ pour la Grande-Bretagne (130 000 €), une ligne particulièrement séduisante (B1) et des performances au rendez-vous, la première super sportive de l’histoire venant de Russie pourra mériter qu’on s’y intéresse. À quand une contre-attaque de l’Empire (du milieu) ?

? Marussia B1

? Marussia B2

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