‘Pas assez chère, mon fils’, disait ironiquement la pub Renault pour faire passer la prix très élevé de la Clio Baccara. Sauf que ce slogan convient parfaitement à la Nissan GT-R, qui propose, pour le prix d’une Cayman optionnée des prestations à faire rougir une 911 Turbo. ‘Pas assez chère, crétin-san’, a donc dû hurler la direction financière de Nissan à Kazutoshi Mizuno, le chef de projet. ‘Fais comme tu veux, mais nous, on veut gagner des paquets de yens avec cette voiture ! Sinon, on donne ton adresse perso à Porsche.’ J’exagère très certainement, mais depuis le lancement de sa super-sportive, le constructeur japonais n’a eu de cesse de chercher à la vendre plus cher. D’abord par une Spec-V qui n’apporte rien ne justifiant vraiment son surcoût de 60 000 €, ensuite par cette toute nouvelle version Egoist. Celle-ci n’évolue pas techniquement (on retrouve le fabuleux V6 de 530 ch) mais nous fait le coup de la personnalisation totale. Ainsi, son habitacle se tend de cuirs de qualité tip-top, élaborés par le spécialiste bavarois Seton Leather. Tout le cockpit jusque dans ses moindres détails (sellerie mais aussi entourage de pare-brise, console centrale, boucles de ceintures) se tend de peaux de bêtes bien nourries, traitées avec égards et n’ayant connu aucun barbelé (ni mirador, est-il besoin de préciser). Chaque épiderme bovin est traité durant deux mois avant d’être envoyé au Japon, où, dans un atelier spécial de Nissan, un artisan se charge d’en garnir les GT-R Egoist. 10 coloris sont proposés pour le bas du cockpit et 4 pour le haut, avec un total de 84 combinaisons possibles. Pour leur part, le ciel de toit et le bas des portières se garnissent d’une sorte de suédine.
Bon, une sellerie cuir un peu évoluée, c’est pas mal, mais c’est à la portée de n’importe quel atelier spécialisé. Aussi, Nissan sort son joker, une pièce qui fera du possesseur d’une GT-R Egoist le prince des séducteurs, le roi des pilotes et l’empereur du bon goût : un emblème de volant enduit de laque traditionnelle japonaise, dite Urushi. Chacun de ces emblèmes est façonné par Kubota-san, qui prend plusieurs jours pour appliquer les différentes couches de laque. Nissan croit bon de préciser que ‘la méthode s’appelle Makie et ne s’apprend que dans la région d’Ishikawa – patrie de la GT-R.’ Les valeurs nationales sont décidément en vogue, et pas que chez les constructeurs allemands…
En outre, la GT-R reçoit des coloris spécifiques, des jantes allégées, l’aileron arrière en carbone de la Spec V ainsi qu’une sono Bose de haut de gamme. On prend bien soin d’insister sur tous ces détails, car il y a une couleuvre, qui dis-je une couleuvre, un python royal, un boa constrictor à avaler : le prix. 177 000 €. 87 100 € (une GT-R de base coûte 89 900 €, soit déjà 14 500 € de plus qu’en 2007), ça fait cher le canapé en cuir. Disponible sur commande, la GT-R Egoist montre déjà ses atours au Centre Nissan Haute Performance de Cannes. Avis aux amateurs.

