Beaucoup plus fort… Non, ça n’est pas – exactement – une Formule 1. C’est un modèle exclusif que Lotus dévoile ici sous le code Exos T125. Une monoplace uniquement réservée aux sorties circuit, et à une très riche clientèle. Aucun droit d’entrée pour aucune compétition, pas d’homologation pour la route. En résumé, une utilisation limitée mais l’assurance de sensations uniques. Puisque certains sont prêts à payer pour ça, Lotus aurait tort de s’en priver.
Le nouveau patron de Lotus, ancien des hautes sphères de Maranello, a récupéré quelques bons tuyaux chez son précédant employeur. Comme celui de faire payer une fortune à quelques passionnés en manque de sensations et d’exclusivité, une voiture uniquement utilisable sur piste. N’étant ni engageable en compétition, ni homologuée pour la route, l’auto est délestée de nombreuses contraintes techniques liées aux réglementations, ce qui en facilite le développement. Un bon point pour les finances. Ensuite, on met le ticket d’entrée le plus haut possible (un million de dollars par exemple), et on en produit 25 exemplaires pour les vendre à ces quelques malheureux qui ne savent plus quoi faire de leurs millions. Une coquette rentrée d’argent et une image de constructeur sportif renforcée (alors que Lotus s’apprête à lancer de nouveaux modèles plus lourds ; GT, berlines quatre portes). Ou un moyen judicieux de financer quelques développements technologiques, comme Ferrari avec sa FXX.
Cela dit, on préfèrera l’hypothèse d’une coquette somme récoltée sans trop de difficultés, ce qui n’a rien de condamnable, l’auto étant au contraire d’une FXX totalement acquise à son propriétaire. En revanche et comme ses consœurs italiennes, l’Exos T125 fait parler le savoir-faire de la marque. Lotus y a inséré le résultat de son expérience, cette monoplace n’ayant aucun lien avec l’écurie de F1 Lotus Racing. L’auto a été conçue par la firme de Norfolk, en Angleterre dans ses quartiers de Hethel, là où elle sera produite.
Chaque client pourra choisir la livrée de sa T125, notamment celles d’illustres Formule 1 Lotus.
Au programme, un V8 3.5 Cosworth développant 650 ch pouvant atteindre plus de 10 300 tr/min (présence d’un bouton ‘push to pass’ augmentant encore le régime quelques instants). L’architecture est celle d’une monoplace (crash box/coque/moteur/boîte), la transmission étant assurée par une séquentielle à six rapports avec palettes au volant. Longue de 4m91 et large d’1m89, l’Exos T125 ne pèse que 650 kg grâce à une coque et des éléments de suspension en fibre de carbone ou des freins céramique (rapport poids/puissance : 1 !). Atout indispensable, le pilote pourra démarrer la voiture lui-même, sans l’aide d’aucun ingénieur ou de son ordinateur. Pas plus d’assistance n’est nécessaire pour s’occuper de la voiture, selon Lotus. Seules des révisions à intervalle régulier sont évoquées. On parle de 4500 km avant un retour dans les ateliers de Hethel pour checkup complet. Les 25 propriétaires pourront – dès avril 2011 pour les premiers – jouir de leur joujou à leur guise sur piste, tandis que des évènements ‘Exos Club’ seront organisés pour qu’ils puissent recevoir les conseils de professionnels (pilotes, ingénieurs, mécaniciens, etc.). Le tout pour la modique somme de… 650 000 £, soit environ 780 000 € ou 1 000 000 $. Sans compter bien sûr, les consommables, les pièces à changer après s’être mangé un mur de pneus, la grosse révision, etcetera, etcetera.
Pour ceux, fortunés, qui considèrent que la F1 ‘triplace’, ça va cinq minutes… L’engin ultime pour les sorties circuit !


