Lamborghini voudrait-il devenir une nouvelle référence en matière de légèreté ? Tandis que Lotus, familier du célèbre adage ‘light is right’, tend à alourdir ses véhicules, Lamborghini mise désormais ses jetons sur le précieux rapport poids/puissance. Tout en avouant que les watts ne pourront augmenter indéfiniment, Sant’Agata devra donc s’en prendre au côté ‘poids’ du fameux ratio.
Conscient de cela, Lamborghini entame un tournant technique, voire même philosophique, engageant ses économies dans l’étude des structures, et en particulier celle de la fibre de carbone. Son développement nécessite du savoir-faire, du matériel, des moyens. Pour cela, la marque a entamé une collaboration avec l’Université de Washington en y ouvrant avec Boeing un laboratoire dédié à l’étude des structures composites ; l’ACSL (Advanced Composite Structure Laboratory). D’autre part, Sant’Agata a inauguré dans ses quartiers un centre de recherche (Advanced Composites Research Center, ACRC) dédié aux méthodes de fabrication de la fibre de carbone pour des véhicules produits en faible nombre. Lamborghini espère ainsi développer de nouveaux procédés utilisant le fameux matériau tressé, afin d’optimiser le rapport poids/puissance de ses véhicules sans avoir à augmenter de manière importante leur puissance. C’est un peu le nouveau cheval de bataille de l’anti-cheval cabré.
En plus d’améliorer les performances dynamiques de ses voitures, limiter leur masse permettrait à Lamborghini d’atteindre ses objectifs : diminuer ses rejets de CO2 de 35 % d’ici 2015, et plus encore au-delà. La bête est respectable, elle pourrait devenir respectueuse (quoique le chemin est encore long, la Murciélago reste parmi les autos les plus généreuses en rejet de CO2 toutes catégories).
Pour financer ses investissements en R&D, Sant’Agata ne pourra pas compter sur des résultats extraordinaires cette année. Pour les six premiers mois de 2010, son chiffre d’affaires est stable par rapport à l’année dernière (une année difficile). Heureusement, Lamborghini s’implante à travers le monde et plaît aux nouveaux riches de l’empire du milieu. Lambo place aussi ses pions en matière de clientèle.
En attendant un regain des ventes côté occidental, Lamborghini planifie ses futures manœuvres ; marché asiatique, et surtout, fibre de carbone. Pagani et son carbo-titanium sont prévenus.

La Superleggera le sera-t-elle vraiment, bientôt ?…
Une Murciélago SV (-100 kg) China Edition ; petit symbole des ambitions de la marque.

 

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