Radicale ou pas, une trajectoire quelque peu nouvelle est attendue. Lotus Cars et son propriétaire depuis 1996, Proton, annoncent de vrais changements chez le petit constructeur britannique. « L’aube d’une nouvelle ère » insiste même un récent communiqué. Rien que ça. Les premières révélations concrètes à ce propos sont d’ailleurs attendues pour le Mondial de Paris, en septembre 2010, avec dit-on, un tout nouveau modèle. Esprit ? Y es-tu là ?
Et pour savoir de quoi sera faite cette nouvelle ère, quelques indices ont circulé par la voix de Proton. Si la marque a pu avoir ce genre d’intentions par le passé, Lotus affirme désormais clairement cette ambition : aller chercher Porsche, Ferrari ou Aston Martin sur leurs terres. D’ailleurs, Lotus s’est récemment emparé de quelques figures provenant de ces prestigieuses écuries. Dont Dany Bahar bien sûr (nouveau patron Lotus, ancien de la direction commerciale Ferrari, et fort d’une expérience en sport automobile, notamment auprès de Red Bull). Frank Tuch (ancien directeur qualité chez Porsche, qualité qui manque parfois aux petites anglaises…). Ou Andreas Schlegel (développement réseau et marketing Aston Martin). Entre autres.
Pour gagner, l’équipe est une notion importante. N’est-ce pas. Ainsi, avec sa dream team, Lotus ambitionne à terme une hausse de ses ventes d’à peine 2500 aujourd’hui, à 6000/8000 véhicules par an, doublé d’un réseau étendu. Le but entier de cette stratégie est de faire de Lotus une marque rentable dans les cinq ans à venir. Les beaux yeux de Lotus ne suffisent plus à Proton.
Mais chose importante, il serait question de dévier lentement de l’adage qui reste encore et toujours rivé à Lotus : light is right. Désormais un peu de luxe, de glamour et de technologies avancées seraient a priori les bienvenues. Ce qui s’accompagnerait inévitablement d’une hausse des tarifs conséquente. En plus de celle de la masse des véhicules. De quoi effrayer le puriste, si le phénomène venait à s’étendre sur l’ensemble de la gamme.
Il faudra attendre le Mondial de Paris pour connaître la teneur de ces changements de cap. Faut-il s’en méfier ?… C’est un peu la question.
On rappellera tout de même que Lotus a sorti une Evora. Pas très light et presque ‘timidement’ motorisée, elle reste merveilleusement fidèle à l’esprit Lotus (équilibre, direction, feedback ou amortissement surdoués). Elle y ajoute même un peu de luxe, et du confort en plus de la qualité perçue. Sans doute un pas vers cette ‘nouvelle ère’. Alors, faut-il toujours s’en méfier ? La question reste posée. Si l’on veut à terme nous confisquer les petits modèles Lotus, délicieusement dépouillés, ce serait effectivement un changement de cap douloureux.
Rendez-vous quoi qu’il en soit au Mondial de Paris pour l’aube d’une nouvelle ère…


