Cette année 2010 ne sera pas des plus ennuyeuses. Surtout sur quatre roues. Les constructeurs les plus au fait de la performance se lâchent et concoctent autant de concepts hybrides, que de fauves, à l’ancienne. Et Porsche n’est pas le dernier dans cette histoire.
La voilà enfin, cette GT2 RS. Au moins en photo et en chiffres, avant de s’essayer aux équilibristes à son volant.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle impressionne. Il peut sembler que Porsche ait ici voulu remettre quelques pendules à l’heure. D’une part, au coeur de sa propre famille. La GT3 et plus encore la formidable GT3 RS avaient pu faire de l’ombre ces derniers temps à la GT2, reflétant d’encore plus pures sensations de conduite. Et face au banc, la Turbo S et ses 530 ch lui sont même passés devant. Enfin, quelques concurrentes nommées au hasard, GT-R ou ZR1, pouvaient afficher de meilleurs chronos. Sur une boucle nord, par exemple. Mais en dégainant sa GT2 RS, Porsche devrait mettre tout le monde d’accord, et jouer davantage dans la cour d’une 599 GTO.
Une pièce maîtresse que cette GT2 RS. On ne sait pas exactement quand vont disparaître totalement les suspersportives et supercars ‘à l’ancienne’. Mais cette RS pourrait bien en faire partie. Un dernier cri avant l’hybridation massive et les voitures que l’on branche sur le secteur. Et un sacré bouquet final pour la 997. Comme une démonstration de force, Porsche annonce un temps étourdissant sur la Nordschleife : 7’18 ». Quand Walther Röhrl en 997 GT2 en était à 7’31 ». Que des chiffres, mais cela en dit long. Et ça n’est pas arrivé par hasard ; c’est tout de même « la Porsche de route la plus puissante jamais construite ». Sous son aile arrière – qui culmine désormais 10 mm plus haut – et monté sur silent blocs actifs, le flat-six demeure finalement le respectable 3.6 et non le 3.8 à injection directe qu’utilise la nouvelle Turbo. Comme la GT3 ou la GT3 RS, la GT2 RS fait l’impasse sur l’injection directe malgré la suralimentation. Muni d’une paire de turbos à géométrie variable, il pourra expulser jusqu’à 620 ch sur le train arrière, via une transmission manuelle à six rapports. 90 ch de plus que la GT2 qu’elle remplace ! Et cela tandis que la masse de l’auto a été diminuée, de 70 kg : bras de suspension arrière en aluminium, capot arrière en polymère, vitres arrière et latérales en polycarbonate, multiples pièces de carrosserie en fibre de carbone – finition noir mat –, ou une batterie lithium-ion en option (- 10 kg). Avec 1370 kg tous pleins faits, la masse est identique à celle d’une GT3 RS… Mais avec 170 ch en renfort !! Et l’assurance de sensations étourdissantes.
Stuttgart nous émoustille avec d’autres chiffres : depuis l’arrêt, il ne faudrait que 3,5 sec pour atteindre 100 km/h, 9,8 sec pour les 200 km/h, et 28,9 sec pour les 300 km/h. Sans que l’on sache encore jusqu’où peut grimper l’aiguille du compteur de vitesse. Porsche pourra même s’enorgueillir d’avoir pu baisser encore consommations et émissions de CO2 par rapport à la GT2 : 11,9 l/100 km et 284 g/km… 46 g/km par tranche de 100 ch, qui dit mieux.

Ensuite et pour assurer un maximum de performances au-delà d’une simple drag-race, des pneus plus larges et spécialement conçus pour cette GT2 RS sont installés sur de nouvelles jantes, plus larges elles-aussi. À l’avant, ces nouvelles roues s’installeront sur une voie et sous des ailes élargies. Le freinage sera quant à lui assuré par le dispositif en céramique composite (PCCB), puissant et léger, tandis que les ressorts de suspension ont un réglage spécifique ‘RS’. Sont également présents, la suspension active PASM ou le contrôle de la stabilité PSM. Les freins à l’avant comme à l’arrière disposent d’un refroidissement accru.
À l’intérieur, l’ambiance est au rouge et noir, calé dans des sièges baquets à coque en fibre de carbone renforcée. Lanière en guise de poignée de porte, abondance d’alcantara, arceau-cage. Voilà pour le décor. Une agréable invitation au pilotage.
Et de pilotage, il en est question lorsqu’on annonce un tour de la boucle nord du Nürburgring en 7’18 ». Mais aussi rare que performante, la 911 GT2 RS sera limitée à 500 exemplaires. Présentée au prochain Salon de Moscou en août, elle sera ensuite commercialisée en France dès septembre 2010, à partir de 239.589 € TTC. À peine 50 000 € de plus que la GT2 sortante pour s’offrir « la Porsche de route la plus puissante jamais construite » produite en nombre limité. Pas une si mauvaise affaire.
Les riches passionnés risquent de se bousculer. La concurrence risque de s’inquiéter. Porsche a frappé très fort. La 997 aura su terminer en beauté.

Laisser un commentaire