Quoi qu’on en dise, le très grand luxe a pris un bon coup dans l’aile en traversant la crise. Et la petite marque qui fait des grandes voitures a pu, comme d’autres, en subir les conséquences jusqu’à aujourd’hui. D’autant que ses voitures hyper-luxueuses ne se sont jamais très bien vendues, crise ou pas.
Pourtant, le groupe VW s’en sort plutôt bien après avoir mis la main sur Bentley. Idem pour BMW et Rolls-Royce. Daimler a voulu lui aussi tenter sa chance dans les plus hautes sphères du luxe automobile. Ainsi, en 2002 réapparaissait Maybach. Mais le succès se fait encore attendre. Dans le coeur de ces richissimes, vieille tradition, la Rolls demeure le must have pour débarquer tous chromes dehors aux soirées de l’ambassadeur. Et puis, Maybach, ça sonne beaucoup moins bien – « Henri, vous serez gentil d’avancer la Maybar ». Non… On peut aussi blâmer des dessous qui restent de l’ancienne génération de Classe S, ou des tarifs qui feront réfléchir même les plus riches. De 400 000 à plus de 1 000 000 d’euros l’ancienne Classe S rallongée… certes suréquipée façon jet privé (pour la Landaulet découvrable, c’est 1 080 000 € !!). Et lorsqu’un de ses grands atouts est un V12 biturbo pouvant atteindre plus de 600 ch, mais que l’on n’y goûte qu’en passager, à quoi bon…
Mais pour ne pas s’avouer vaincue et tenter quelques émirs et nouvelles fortunes chinoises, Maybach lance le restylage de sa gamme. Un renouvellement présenté au Salon de Pékin de cette fin avril. Malheureusement, et malgré quelques retouches, rien ne change. On voit l’arrivée d’une nouvelle calandre, de ces étonnants sièges ‘classe affaire’ sur la plus courte 57 (5,73 m), ou d’une augmentation de la puissance du V12 des versions S de 612 à 630 ch. Par ailleurs, ces messieurs parmi les plus fortunés de la planète seront heureux d’apprendre que la consommation moyenne est passée de 16,4 à 15,8 l/100 km… En bref, ces changements ne devraient rien changer à son désamour par les grands de ce monde.
On en vient donc à penser au devenir de la marque. Et ça n’est pas tout rose. Si Daimler a réaffirmé son soutien à Maybach et défait des rumeurs de mise en vente, son futur reste nébuleux. Car aucun modèle de remplacement n’a encore été prévu alors que l’actuelle limousine a bientôt huit ans. Si la marque n’est pas abandonnée d’ici là, un nouveau modèle n’apparaitrait donc pas avant plusieurs années. Le temps pour les actuelles 57 et 62 de se laisser dépasser encore un peu plus par la concurrence, et de voir s’éloigner la clientèle.

 

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