Pour les soixante ans de la Giulietta, Alfa Romeo a offert à son modèle phare une nouvelle finition spéciale nommée ‘Sprint’ et un nouveau moteur essence 150 ch.

Soixante ans sépare ses deux Giulietta. En dehors du nom, la filiation n'est pas évidente...

Soixante ans séparent ces deux Giulietta. En dehors du nom, la filiation n’est pas évidente…

Technique 

Freinez vos ardeurs, il ne s’agit pas d’un nouveau bloc à proprement parler. et l’appellation ‘sprint’ ne désigne pas un coupé comme à l’accoutumée chez Alfa. A dire le vrai, la filiation avec ses aînées est loin d’être évidente, puisque cette troisième génération de Giulietta devait s’appeler… Milano. Amateurs de propulsion, vous devrez -normalement- attendre l’année prochaine pour trouver votre bonheur chez la marque Italienne. En attendant, ce Multiair 150 ch est en fait basé sur celui de la Giulietta  170 ch, et comble l’écart entre le T-Jet 120 ch et ses grands frères. Si l’ensemble perd 20 canassons, le couple reste identique. Il s’élève à 230 Nm à 2 250 tr/min en mode ‘Normal’ et passe à 250 Nm à 2 500 tr/min en mode ‘Dynamic’. Alfa Romeo promet 8,2 sec pour le 0 à 100 km/h, et 210 km/h en vitesse de pointe. Rappelons que le groupe Fiat est le seul à proposer des moteurs se passant d’arbres à cames pour l’admission. Ce système ingénieux permet – en théorie – de réduire les frottements, mais surtout d’offrir un meilleur contrôle et une plus grande ouverture des soupapes en question. L’ensemble est accouplé à une boîte manuelle à six rapports. Les voitures vendues sur le marché français ont des pneus spécifiques, permettant de faire baisser un peu la consommation et donc les rejets de C02. Les versions italiennes émettent officiellement 131 g/km et les françaises seulement 129, permettant d’échapper au malus.

Au volant

Avant de grimper à bord sous le soleil milanais, faisons rapidement le tour de la bête. La ligne a plutôt bien supporté le poids des ans, et reste plus fine que la plupart de ses concurrentes. Le moteur 150 ch est, pour l’instant, uniquement proposé dans une finition spéciale nommée ‘Sprint’. Se calant sur la ‘Distinctive’, elle apporte en plus des jantes alu de 17 pouces (18 en option), des sorties d’échappement majorées, une finition ‘Dark chrome’ et quelques détails d’un goût douteux comme un bouclier arrière doté d’un pseudo-extracteur ou des vitres arrières sur-teintées.

L’habitacle arbore des coutures rouges et des inserts en faux carbone sur la planche de bord et les contre-portes. On peut ne pas aimer, tout comme les sièges qui se parent d’un logo Alfa et d’une signature ‘sprint’ sur les appuie-têtes. Ces détails rappelleront des souvenirs aux possesseurs de certaines Alfa 33, où le logo était apposé absolument partout dans l’auto. Rassurez-vous, la finition a fait quelques progrès, et peut être qualifiée de bonne, sans être au niveau des premium.

La boite automatique à double embrayage n'est pas disponible avec le bloc 150 ch

La boite automatique à double embrayage n’est pas disponible avec le bloc 150 ch

Contact. Il est dur d’être objectif, car je viens de passer une matinée à essayer des Giulietta des années cinquante et soixante. Le 4-cylindres semble atone en comparaison, et la voiture révèle rapidement un de ses défauts majeurs : une boîte caoutchouteuse aux débattements trop longs. Plutôt confortable, la Giulietta est surtout agréable en mode ‘dynamic’. La direction ‘Dual-pinion’ devient plus directe et précise, le châssis plus vif, et l’ensemble tout simplement plus amusant. Le différentiel électronique Q2 gère bien les petits débordements du train avant. Idéalement, j’aurais souhaité encore un cran supérieur, car la direction est toujours un peu légère et les trains roulants pourraient supporter un tarage plus ferme. Les freins, eux, sont exempts de tout reproches. L’attaque de la pédale est franche et sont endurants.

GIULIETTA_SPRINT_02

Contrairement à ce que l’appellation pourrait laisser présager, cette Alfa est en fait une marathonienne plus qu’une sprinteuse. Il est inutile de la cravacher, tant elle semble à son aise sur autoroute (allemande…) où les 180 km/h peuvent être tenus sans fatigue ni efforts.

Cependant, mécaniquement, je reste encore et toujours sur ma faim. Le moteur est certes très souple, tout en rondeur, et accepte même de dépasser le 6 000 tr/min. Mais la sonorité est quelconque, le caractère inexistant. Vous souvenez-vous de l’époque ou une Alfa était d’abord et avant tout un moteur ? J’aurais souhaité une mélodie plus rageuse, à l’image de la 4C. Quête du graal perdue d’avance, un effet turbo marqué aurait également été très amusant. Ceux qui ont connu les joies simples mais efficaces du coup de pied dans le fondement à l’accélération savent de quoi je parle. Quitte à perdre un peu de l’homogénéité de l’ensemble.

Face à la concurrence 

Proposée à 26 800 €, elle n’est pas franchement donnée, malgré l’avantage client de 1 200 € sur cette série spéciale ‘Sprint’. Une Golf 1,4 l TSI 150 Cup s’affiche à 27 200 €, mais propose un toit ouvrant et à 25 850 €, une Peugeot 308 THP 155 Allure propose de série le GPS. Le glamour n’est pas le même certes. Cela dit, à 27 380 €, la Volvo V40 T3 Momentum (150 ch) n’en offre pas plus que l’Alfa et accélère moins fort, et les premiums (Audi A3 1.4 TFSI 150, BMW 118i, Mercedes Classe A 200) sont toutes 2 à 3 000  € plus chères à équipement égal.

Pour le reste

Voilà déjà quatre ans que la troisième génération de Giulietta arpente nos routes. Avec 270 000 exemplaires vendus, elle représente le plus gros des ventes Alfa Romeo. Environ un tiers des autos vendues sur le marché français, principalement des 120 ch : un taux supérieur à la moyenne de la catégorie. La version 150 ch essayée arrivera en concessions dès la semaine prochaine.

 

Essai Alfa Romeo Giulietta Sprint 150 ch, espri(n)t es-tu là ?
Caractéristiques Moteur : 4 cyl.en ligne, 1 368 cm3, turbo C02 129 g/km, puissance maxi : 150 ch à 5 500 tr/min, Couple maxi 250 Nm à 2 500 tr/min, Vitesse maxi : 210 km/h (constructeur), 0 à 100 km/h : 8,2 sec (constructeur), poids 1 290 kg (8,6 kg/ch), Prix de base 26 800 €, En vente : maintenant
MOTEUR70%
COMPORTEMENT80%
QUALITE & DESIGN75%
CONFORT & PRATIQUE75%
EMOTION65%
Les +
  • Comportement
  • Freinage
  • Moteur souple mais...
Les -
  • ... Manquant de caractère !
  • Commande de boîte
  • Sonorité banale
73%Note Finale
Note des lecteurs: (88 Votes)
39%

11 Réponses

  1. Passo Corto

    Quand on connaît son illustre ancêtre, la désillusion doit être encore plus grande! Et puis un double arbre Alfa de la grande époque, c’est un des tous meilleurs cylindres au monde.
    Or aujourd’hui, le pattes Alfa n’a ni la meilleure puissance spécifique, ni le couple le plus élevé, ni le bruit le plus excitant. Mais bon! Je ne désespère (toujours) pas.

    Il aurait été bienvenu que l’usine concocte une Sprint sous forme de dérivé coupé de la berline compacte, mais les finances étant ce qu’elles sont…

    Bravo à l’auteur.

    • Adrien Malbosc

      Merci Passo ! Pour bien évaluer l’auto il faut, je pense, partir du principe que l’identité d’Alfa est très évolutive. Une Giulietta des années 50 a du faire hurler les amateurs de 6C et 8c des années 30, de même qu’une Alfa6, 33, ou 90 décevait déjà les aficionados à l’époque… L’alfasud a mis du temps à faire son trou. Il est probable qu’un passionné pur et dur trouve une 156 V6 bien aseptisée, alors que le Busso a tout de même un sacré caractère par rapport aux productions actuelles.

      • Mathieu

        Oui les Alfa on évolués avec leur temps.
        Mais malgré cela, elles avaient toujours un petit plus moteur (puissance ou agrément ou bruit).
        Les V6 Busso avait le bruit et l’agrément. Les 5 cylindres diesel avait l’agrément et des puissances peu courantes début 2000.
        Les Twin Spark 1.8 et 2.0 était plus puissant et rageur que la concurrence.
        Des moteurs qui donnaient envie même si ils consommaient beaucoup.

        Depuis ? rien de spécial. Des moteurs essence turbo et diesel turbo qui sont rentrés dans la norme des constructeurs généralistes.

        Là où Alfa pourrait refaire vivre la différence technologique ça serait par exemple de faire de l’hybride essence dédié à la puissance et à l’agrément. La consommation d’un moteur de 150ch (~7-8L) l’agrément d’un moteur de 220-250ch. Là ça serait différent et made in Alfa.

  2. Adrien Malbosc

    Vous avez raison, les premiers JTD, en leur temps, étaient de sacrés moteurs. En essence, beaucoup de passionné(e)s regrettent le V6 « busso » et les moteurs « twin spark ». Mais quelle est la part de ces « passionné(s)s » dans la clientèle Alfa ?
    En attendant, il est permis de rêver. Après tout, la 4C a montré qu’un petit 4-cylindres moderne pouvait être très expressif. A suivre, donc !

    • Adrien Malbosc

      La voiture sur la vidéo n’est pas la même que celle essayée. Vérifiez vos sources avant d’utiliser le mot « amateur »… Et quand bien même. C’est un son d’échappement, pas de moteur : essayez un double arbre sur un coupé Bertone, puis on reparlera musicalité.

  3. Cyril

    Alors là, je me gausse!!

    1) Déjà, il faut préciser le modèle essayé pour éviter de généraliser et mettre le modèle essence et gasoil dans le même panier.

    2) je me suis fendu d’une visite chez Alfa Romeo à Pau où j’ai pu entendre la Sprint essence de mes propres oreilles: Sortie 90mm d’origine (!!), son hyper travaillé et 2 coups d’accélérateur suffisent pour entendre le « boom » de compression du retour de gaz! un son d’enfer!!

    3) Vu votre jeune age et mes 20 dernières années à avoir possédé les meilleures voitures de ce type, de la Kadett 2l GSI 16S à la Subaru BRZ dernièrement, j’éviterai de porter des affirmations incomplètes. La Sprint essence a un son a faire pâlir bien des modèles d’autres marques très réputées, et bien plus chers.

    Votre article a failli influencer ma décision de ne pas acheter ce véhicule (!), et heureusement que je n’y ai pas porté une attention trop forte, sans je serai passé à côté du meilleur vhl de sa catégorie à ce jour (puissance, son, consommation, équipement)!

    Ma Sprint est commandé, et votre article n’est pas objectif voir incomplet, Mr le journaliste auto.

    Cdt

  4. Cyril

    Le son du moteur, on s’en tape en restant poli, c’est une masturbation de bobos. ce qui compte, c’est ce qui sort de l’échappement.
    Allez dire à Ferrari que le son du moteur est plus important que le son de l’échappement, ils vont vous rire au nez!!

    La Sprint n’a pas d’arbre à came, c’est un moteur nouvel génération.

  5. Adrien Malbosc

    Gaussez-vous, gaussez-vous, il en restera toujours quelque chose !

    Si vous voulez du journalisme de complaisance, vous êtes libre de lire certains de nos confrères. Si vous voulez un avis tranché, il y a Evo et Speedfans. Tant mieux qu’on ne soit pas d’accord, et tant mieux si vous êtes content de votre Giulietta ! Pour ma part, je n’ai pas eu droit au « boom » en décélération, ni à quoi que ce soit d’intéressant niveau sonorité… à fortiori dans l’habitacle, fenêtres fermées !
    Quand à votre avis sur le son du moteur, c’est votre opinion. Je peux vous garantir que la grande majorité des autos dont la sonorité m’a plu, c’était bel et bien des sons de moteur et non d’échappement, même si cela joue bien évidement.

  6. Cyril

    Vous montrez avec brio le décalage entre le peuple et les journalistes qui ne vivent décidément pas dans le même monde!
    La prochaine fois, essayez la version essence sur un vhl a vocation sportive, et ouvrez les fenêtres, parce que c’est exactement ce que font les gens du peuple qui achètent ce type de vhl!

    Aux lecteurs, foncez sur la version essence sans aucune hésitation, et oublier la version gasoil! l’esprit Alfa est bien là!!

  7. ACHINTRE

    j en suis a ma 10°alfa depuis 1976 et n ai jamais ete decu;j ajoute que je suis ingenieur mecanicien et sais de quoi je parle.rien ne remplacera le bialbero 1750 DES ANNEES 70 OU LE V6 AREZE mais en terme d agremeznt conduiser en mode dynamic la mito 155 CC……90 A 130 EN 4° EN 5S 2 ET VOUS VERREZ QU IL Y A ENCORE DES ALFA QUI ONT DU COEUR DE PLUS 60000 KM SANS PB!!!!!

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