Genève 2011 : Lancia, ou comment faire du haut de gamme sans dépenser un rond

Bon. Je vais de suite évacuer ma bile : je suis horrifié de voir que Lancia est contrainte à devoir rebadger des Chrysler pour offrir à sa gamme des grandes berlines. Une marque qui a tant contribué à l’essor de l’automobile (1ère caisse autoporteuse avec la Lambda en 1922, 1er V6 avec l’Aurelia en 1950) réduite à écouler des Américaines sur le retour…
Foin de sarcasmes. Oui, la Thema II est une 300C estampillée Lancia, mais pas que. En effet, elle se dote d’un tout nouveau V6 diesel 3.0, italien celui-ci, puisque conçu par VM Motori (dont les blocs ont animé nombre d’Alfa Romeo dans les années 80 et 90) dont Fiat vient d’acheter 50 %, auparavant détenus par Penske. Le reste appartient à… GM, tiens tiens. Ce moteur développe 190 ou 224 ch, cette dernière déclinaison offrant tout de même 550 Nm de couple. Si ce blocs s’attèle à une transmission automatique à 5 rapports, il en va différemment pour le V6 essence.
Signé Chrysler, ce 3.6 de 292 ch se voit accouplé à une boîte automatique (fournie par ZF) ne comptant pas moins de 8 rapports, ce qui lui permet de limiter ses émissions de CO2 à 199 g/km. Néanmoins, cette longue berline (5,08 m) n’a rien, mais alors rien de sportif puisqu’elle ne dépasse pas 220 km/h en pointe et réclame 7,2 sec pour passer de 0 à 100 km/h. J’entends des ricanements du côté des anciens propriétaires de Thema 8.32 ou même Turbo 16… On espère qu’elle atteigne les 15 000 exemplaires prévus annuellement, qui correspondent à la totalité de la production de la Thesis (2001-2009), alors que les devancières Kappa et Thema ont respectivement été écoulées à 117 000 et 358 000 copies.
Quant à la Flavia, elle est présentée sous forme de concept : Lancia, marque avant-gardiste, propose comme vision de son futur une américaine mal née (la Sebring) et replâtrée (la 200)… Ah, mais j’avais dit que j’arrêtais de médire et maudire. Oui, les Italiens n’ont eu que 6 mois pour redessiner la calandre, les pauvres !

Stop on a dit. La Flavia sera aussi présentée en cabriolet, une première pour Lancia depuis 1964. Elle n’aura pas de mal à faire oublier la Lybra puisque plus personne ne se souvient de son existence, en dépit de ses nombreuses qualités.
A Genève, Lancia présentera également sa nouvelle Ypsilon ainsi qu’un Grand Voyager lui aussi rebadgé. Ou comment se reconstituer une gamme haute au tarif d’un restylage de Grande Punto..

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