Contrairement à Porsche, Ferrari n’hésite pas à surprendre à chaque nouveau modèle. Après la California et son toit dur rétractable et la 458 avec ses commandes d’un nouveau genre, voici la FF, qui rappellera irrésistiblement aux plus anciens d’entre nous la Jensen du même nom, sauf que dans la cas de l’italienne, FF ne signifie pas Formula Ferguson mais Ferrari Four. Four pour quatre. Ainsi, comme l’anglaise, la Ferrari offre quatre places et, première pour le cheval cabré du moins sur route (on se rappellera le prototype 408 de 1987), quatre roues motrices. C’est là la grosse surprise de Maranello (outre un profil qui évoque la BMW Z3 Coupé), qui ne jurait jusque-là que par la propulsion.
Plus étonnant encore, Ferrari met en avant le côté pratique de son nouveau modèle qui se pare d’un hayon (ça aussi, c’est inédit, mais peut-être que le prototype Giugiaro GG50 sur base Scaglietti a donné des idées) en vantant non seulement son habitabilité mais aussi le volume de son coffre, variant de 450 à 800 litres sièges rabattus. Un authentique break de chasse en somme.
Mais, qu’on ne s’y trompe pas. La praticité n’exclut pas la sportivité, bien au contraire. Celle que Ferrari refuse de présenter comme la descendante de la Scaglietti reçoit un V12 de 6 262 cm3 développant 660 ch à 8 000 tr/min, pour un couple de 683 Nm à 6 000 tr/min, ce qui en fait le modèle pérène le plus puissant de la gamme actuelle. Avec ce bloc dérivant de celui de l’Enzo (et attelé à une boîte 6 à double embrayage positionnée à l’arrière), la FF atteint 335 km/h en pointe et passe de 0 à 100 km/h en 3,7 sec. Le tout, en consommant 15,5 l/100 km en moyenne (360 g/km de CO2), ce qui reste relativement modéré vu la puissance (la présence d’un stop and start aide sûrement).
Pour passer cette cavalerie au sol, on l’a vu, il y a une transmission intégrale, présentée comme inédite (et brevetée) par le constructeur et 50 % moins lourde qu’un système classique. Arbre de transmission en composite ? Renvoi d’angle astucieux ? Pas d’arbre mais des moteurs électriques animant les roues avant ? On en saura plus à Genève.
En tout cas, cette Ferrari, malgré ses dimensions (4,95 m de long sur 1,90 m de large) parvient à contenir son poids totalement sec à 1 790 kg (soit environ 1 920 kg avec les carters et le réservoir pleins), quand une Bentley Continental GT passe allègrement les deux tonnes. Et c’est bien la clientèle, très importante, de cette dernière que Ferrari cible, en espérant vendre 1 000 exemplaires de sa FF par an, à un tarif que nous estimons au minimum à 250 000 €.
Ferrari joue donc la carte de la polyvalence avec cette FF, qualité que réclament les nouveaux marchés (Chine, Inde, Russie) mais sans céder, ce dont on se réjouit, à l’épouvantable mode des SUV. Les breaks de chasse sont donc de retour, d’autant que Mercedes va sortir une CLS entrant aussi dans cette catégorie.
La Giugiaro GG50.






