Nous venant de l’autre bout du monde (Auckland, Nouvelle-Zélande), l’entreprise Hulme Supercars Limited annonce officiellement la production en très petite série de son étonnante création. La Hulme CanAm. Un drôle d’insecte biplace faisant apparemment dans l’ultra-performance.
Denny Hulme, néozélandais décédé en 1992, a été champion du monde de Formule 1 en 1967 sur Brabham. Devant Jack Brabham sur Brabham. Il a également été vainqueur du championnat Can-Am en 1968 et 1970. Une légende du sport auto néo-zélandais. En découle en ce début de millénaire, l’envie pour certains de ses compatriotes de concevoir une supercar. Aux style et concepts techniques suggérés par l’univers de la compétition. Et voilà : Hulme CanAm. Un véhicule routier à piloter, en hommage à un champion de F1.
Ce projet intéressant a débuté il y a plus de six ans en Nouvelle-Zélande. Inspirée par la Formule 1 ou quelques supercars – notamment l’Enzo –, la carrosserie en fibre de carbone a un design radical. N’est-ce pas. Qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de la Caparo T1 ; Un autre délire automobile. Côté moteur, c’est un V8 5.0 BMW de 400 ch, celui de l’ancienne génération de M5 E39, qui a été utilisé durant les premiers temps de développement. Puis, sur la voiture de production, il était prévu d’implanter le V10 5.0 de 507 ch de la M5 E60. Seulement, les collaborations techniques et commerciales étant… ce qu’elles sont, la Hulme CanAm n’aura pas dix cylindres. BMW a retiré ses pions.
La version définitive a tout de même droit au non moins intéressant V8 7.0 LS7 Chevrolet qui propulse la Corvette Z06. (Pour la petite histoire et affirmer la filiation, la McLaren Can-Am de Denny Hulme était d’ailleurs motorisée par un V8 Chevrolet, à l’époque.) Implanté en position centrale arrière, le V8 7.0 atteint ici 600 ch et 600 Nm. Comme pour égaler une certaine Caparo. Encore elle. Le bloc est couplé à une boîte à six rapports fournie par CIMA (palettes ou levier séquentiel au choix), avant d’envoyer son couple au seul train arrière. Le rapport poids/puissance s’annonce impressionnant. Pas autant qu’une T1 (< 700 kg), mais tout de même. Car la structure du châssis et la carrosserie réalisées en fibre de carbone permettent de contenir la masse sous la tonne. À tout cela s’ajoute un centre de gravité au plus près du sol, ou des appendices aérodynamiques considérables. Il faut bien s’attendre à un comportement aussi radical que cette étrange carcasse orange.
Côté performances, on nous promet un passage de 0 à 100 km/h inférieur à 3,5 sec, et plus de 320 km/h. Mais plus encore, le châssis a été typé course (suspension, freins), alors que l’auto est conçue autant pour la route que la piste, dit-on. Hulme garantie donc quelques aménagements côté confort ou ‘conduite au quotidien’ (sic)… Mais pas trop.
Depuis la première présentation à Goodwood en 2006, les prototypes se suivent. Sous l’impulsion de Jock Freemantle (le petit monsieur à gauche sur la photo du haut), la CanAm a été développée sur cinq circuits néozélandais. Les pré-commandes peuvent maintenant être enregistrées. Un premier versement de 10 000 £ est demandé, tandis que le prix total s’élèvera à 295 000 £ HT (348 000 € HT). Les premières livraisons auront lieu à l’automne 2011. Mais seuls 20 exemplaires seront produits, tout du moins dans un premier temps. Rare, chère, et extrême. Voilà à quoi il faut s’attendre.
Une version couverte épargnant au pilote et son passager de saillantes lunettes de protection est également dans les cartons.

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