En cette bien belle année 2009, le légendaire constructeur britannique fête son centenaire. Durant toute cette longue existence, Morgan a traversé deux guerres mondiales, quelques crises économiques d’envergure, sans oublier de faire rêver nos arrières grands-parents comme toutes les générations qui les ont suivis. La Morgan Motor Company devrait donc survivre à la présente tempête. Malgré tout cela, la mythique carrosserie n’a pas vieillie d’un pouce; ou, plus concrètement, n’a pas rajeunie. Quoiqu’il y eu la naissance de la singulière Aero 8 pour célébrer l’avènement du nouveau millénaire.

Mais le propos concerne davantage la technique respectueuse et respectable de cette automobile qui, sans faire de vague poursuit sa route faite de sportivité, de simplicité et de légèreté, ce qu’ont oublié la plupart des voitures modernes les plus sophistiquées. Certes, celles-ci ont pensé au confort – ce qui est moins le cas de Morgan – mais, la conduite d’une vraie voiture, ça se mérite, chaque trajet à son bord devenant inoubliable. Il est vrai qu’au volant d’une Prius, on pense être bien plus respectueux de l’environnement, mais on souhaite aussi oublié rapidement cette expérience de conduite…particulière et moins…passionnante.

Pourquoi un tel rapprochement entre la sacro-sainte Prius, mère des automobiles vertueuses – priez pour nous, pauvres pécheurs passionnés de belles mécaniques – et la sublime Morgan 4/4 ? Parce que selon le système d’évaluation environnementale des véhicules (Environmental Rating for Vehicles, ERV) mis au point par l’Université de Cardiff en Angleterre en collaboration avec le cabinet Clifford-Thames, la Morgan 4/4 1.6 Sport obtient exactement la même note que l’hybride Toyota: 24. Ce procédé d’évaluation détermine un classement chiffré des véhicules selon leur impact environnemental ‘global’ : sont prises en compte non seulement les émissions de CO2, mais aussi les émissions toxiques en général, et l’utilisation de matières premières et d’énergie dans la production. Les automobiles sont alors placées sur une échelle allant de 2 à 60 pour les plus ‘vertes’, la moyenne se situant environ à 15.

Et toc! Une bonne vieille branche qui ferme le clapet d’une jeune prétentieuse. Il est vrai que l’image de la Prius comme voiture propre n’est plus à faire, mais une voiture propre, ça n’existe pas. À 104 g/km de CO2 pour la Prius II, c’est loin d’être totalement vert. On en revient alors à cette fabuleuse et (donc) tout à fait respectable Morgan 4/4 qui s’expose à Genève avec, pour la première fois sur ses petites portières, une inscription précisant 140g/km de CO2. Sur une base datant de 1936, la 4/4 Sport a un châssis en acier (recyclable), une structure en frêne (renouvelable), et une carrosserie en aluminium pour n’afficher que 800 kg. Associez à cela un petit 1.6 Ford de 115 ch à 6000 tr/min et vous obtenez un kilomètre départ arrêté en 31 s et une vitesse de pointe de plus de 180 km/h si vous mettez la gomme. Lors d’une conduite plus posée mais néanmoins dynamique, la consommation routière est de 4,9 l/100 km et les rejets de CO2 de 140 g/km. Et plus que les chiffres, ce sont les sensations qui sont au rendez-vous.

Alors la Prius et ses semblables – qui pour beaucoup ne seront concrètement pas là avant un petit moment – sont certainement (à long terme) le salut attendu que l’on nous promet pour l’automobile ou l’environnement. Mais dans l’immédiat, cela parait moins évident. Même l’antique Morgan 4/4 démontre qu’un bon moteur thermique est encore LA solution en dehors des villes. Il ne faut donc enterrer ni la motorisation traditionnelle – qui pas à pas ne cesse de progresser – ni son association au vrai plaisir automobile.

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