Si après un bref galop d’essai sur glace, l’Audi S1 nous avait réjouis par ses qualités, restait à la tester sur des routes asphaltées et sinueuses pour déterminer les vraies qualités de son châssis. Alors direction la Corse pour une mise à l’épreuve sans concessions.

 

Technique

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Dérivant de l’A1 Quattro, réussie mais hors de prix, la S1 en reprend le moteur EA888, à double injection, l’une directe pour les hauts régimes, l’autre indirecte pour les bas régimes et les départs à froid. Mais de 256 ch, la puissance tombe à 231 ch. En revanche, le couple progresse, de 350 à 370 Nm (dès 1 600 tr/min) : mieux pour les reprises.

Le 4-cylindres turbo s’attèle à une boîte 6 manuelle (une S-tronic à double embrayage pourrait faire son apparition) judicieusement étagée, avec seulement 41 km/h pour 1 000 tr/min en 6è. Surtout, la transmission est intégrale, avec un différentiel interpont Haldex de 5è génération situé à l’arrière, pour une meilleure répartition des masses (1 310 kg). En virage, le système peut décider de freiner une roue pour envoyer plus de couple sur celle opposée au bénéficie théorique de la motricité.

La suspension dérive aussi de celle de la Quattro, mais avec des réglages différents de l’essieu multibras arrière, pour une plus grande souplesse. Elle se pare de série d’amortisseurs pilotés à deux lois fournis par Bilstein : une électrovanne va gérer lequel des deux corps de l’amortisseur utiliser, le souple ou le dur, en fonction des conditions d’utilisation et du programme de conduite choisi par le conducteur. Il y en a 3, ‘Efficiency’, ‘Auto’ et ‘Dynamic’ agissant aussi sur l’assistance de direction, la cartographie moteur et la sonorité à l’échappement. Malheureusement, il n’est pas possible de se concocter des réglages à la carte comme sur une Leon Cupra ou une Audi RS7.

De série, on dispose de jantes de 18 montées en 225/35 R18, montées sur notre modèle d’essai en Bridgestone Potenza S001, cachant à l’avant des disques de 310 mm.

 

Au volant

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Sobre, le tableau de bord profite d’une finition impeccable, comme toujours chez Audi. La présentation demeure assez stricte, même si on option peut doter les sièges de coques arrière colorées. Malgré des réglages basiques, on trouve une position de conduite idéale, ce qui n’est pas le cas de l’ergonomie avec une rangée de boutons située trop loin du conducteur, en bas de la console centrale. L’habitabilité arrière et surtout le coffre (210 l) sont vraiment limités : cette Audi est parfaite pour deux, pas pour quatre.

Contact. Le moteur prend vie discrètement. Je décolle en mode ‘Efficiency’, et apprécie la douceur relative des suspensions, la maniabilité de la boîte, et surtout le punch du moteur dès les bas régimes. Seule la direction me paraît trop légère. Je parcours une trentaine de km sur les routes corses entre Figari et Porto Vecchio, et sans me traîner, j’ai obtenu une consommation de 8,5 l/100 km. Bien amortie, bien insonorisée, extrêmement précise, sûre et docile, la S1 se tire avec tous les honneurs d’un usage normal, d’autant que les reprises à bas régime étonnent par leur vigueur.

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Mais en conduite sportive ? Là, je sélectionne le mode ‘Dynamic’. La S1 apparaît d’un coup plus alerte et tendue. En ligne droite, le moteur prend allègrement ses 7 000 tr/min, dans une accélération impressionnante. Dans les virolos, le train avant mordant de la S1 repousse très loin les limites du sous-virage mais la poupe accepte de se placer quand on braque tard avec les freins. Et si carrément, on jette la S1 en virage, la poupe bouge encore plus : voilà un châssis très équilibré, prévisible et volontiers réactif au lever de pied. Consistante sur ce mode, la direction renvoie suffisamment d’informations pour sentir la limite de grip, très, très éloignée. On peut débrancher l’ESP si on veut, mais ça ne change pratiquement rien.

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Dès le point de corde, on remet à fond les gaz sans arrière-pensée grâce à la transmission intégrale, mais là, on note temps de réponse du moteur, léger mais nuisible à la précision de la réaccélération. La boîte est assez rapide, mais le pédalier ne facilite vraiment pas le talon/pointe, qui permettrait pourtant des rétrogradages plus efficaces, sans rupture de couple.

Ferme, la suspension aux grands débattements encaisse les bosses prise en appui violent sans déstabiliser la voiture (le mode ‘Dynamic’ durcit les amortos mais sans excès), mais si elles interviennent au freinage, celui-ci perd de sa puissance à cause de l’ABS un peu désorienté. Rien de grave toutefois. Pour leur part, les freins, puissants et endurants, profitent aussi d’une pédale informative, permettant de bien doser un freinage dégressif en appui. Du bon travail. Et en usage sportif, la consommation ne dépasse pas les 18 l/100 km.

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La pluie s’est mise à tomber dans l’après-midi. Et là, la S1 m’a franchement bluffé. Non seulement elle conserve toute sa motricité mais en plus, son adhérence demeure remarquable, à tel point qu’on pourrait presque attaquer aussi fort que sur le sec. Et le châssis conserve strictement le même équilibre.

En résumé, voici une petite sportive ultra-performante, très efficace, et aussi à l’aise en conduite réglementaire par son confort et sa douceur qu’à l’attaque couteau entre les dents par sa rigueur et son homogénéité dynamique.

 

Face à la concurrence

Vous allez me dire, 33 900 €, c’est cher pour une petite voiture. Mais celle-ci profite de 231 ch, d’une transmission intégrale, d’un amortissement piloté mais aussi d’un équipement complet, avec clim auto, GPS, jantes de 18, Bluetooth, cuir partiel, antivol Cobra Track ou encore projecteurs au xénon. Aucune citadine ne peut s’aligner, ni en contenu technologique, ni en puissance, ni en équipement. Avec 4 roues motrices, il y a bien la Mini Paceman JCW mais à 38 000 €, elle est plus grosse mais moins équipée. Et bien moins sportive.

 

Pour le resteaudi s corse ar

Audi compte vendre 500 S1 par an en France : ça me paraît jouable. La S1 est vendue moins cher en Allemagne mais attention, avec un équipement infiniment moins fourni que chez nous. Il n’y a pas de RS1 au programme, et si l’A1 bénéficiera d’un léger restylage en fin d’année, la S1 n’en profitera pas.

 

 

Essai Audi S1 Sportback, à fond sur le bitume
Moteur 4 cylindres 1 984 cm3, turbocompressé, CO2 : 166 g/km, Puissance : 231 ch à 6 000 tr/min, Couple : 370 Nm à 1 600 tr/min, 0 à 100 km/h : 5,8 sec (constructeur), Vitesse maxi : 250 km/h (limitée), Prix de base : 33 900 € En vente : maintenant
Moteur90%
Comportement87%
Qualité et design80%
Confort et pratique75%
Emotion87%
Les +
  • Châssis remarquable
  • Moteur performant
  • Homogénéité
Les -
  • Coffre ridicule
  • Léger temps de réponse
  • Habitabilité
84%Note Finale
Note des lecteurs: (136 Votes)
35%

4 Réponses

  1. Jean Pierre Capelle

    Enfin une « voiture plaisir », et dans mon cas un clin d’œil nostalgique aux vraies premières GTI… seules voitures qui m’aient fait « vibrer ».
    Alors malgré mon grand âge, la déraison a frappé avant la sénilité, et je vais très bientôt pouvoir retrouver l’enthousiasme d’antan au volant de cette petite délurée. Mais est-ce une vraie Audi… à ce prix?…
    Le compte rendu d’essai est très objectif, il souligne de façon juste les fantastiques qualités et sans concession les petits (c’est le cas de le dire) défauts de cette voiture.
    Comme tous ceux de son auteur ce compte-rendu est pertinent, ce n’est donc pas une surprise. Merci.

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