Niche dans la niche, le RS Q3 développé par quattro GmbH constitue une offre unique sur le marché : c’est le seul petit SUV de sport. Nous nous sommes rendus dans les Alpes et les Dolomite pour pour ce qu’il a dans le ventre

Technique

Les nostalgiques de la défunte RS3 seront contents : le RS Q3 en dérive tant au niveau de la plate-forme (ce n’est pas la MQB) que du moteur. On retrouve le très musical 5-cylindres 2.5 suralimenté par un turbo (soufflant à 1 bar de pression), mais ici dégonflé à 310 ch (et 420 Nm de couple à 1 500 tr/min). Il s’attelle à une boîte S-Tronic (à double embrayage donc) comptant 7 rapports, envoyant la force du moteur au 4 roues via une transmission quattro, comportant un différentiel central multidisques de type Haldex.
Pas d’amortissement actif ici mais des trains roulants sains (McPherson triangulé à l’avant et essieu multibras à l’arrière), tandis que le freinage s’appuie sur des disques géants de 365 mm à l’avant mordus par des étriers à 8 pistons (310 mm à l’arrière). Sous cette carrosserie compact de 442 cm de long, le poids se répartit à 58 % à l’avant et 42 % à l’arrière : intéressant. Sauf que le poids sec atteint déjà 1 655 kg…

Au volant


A bord, l’ambiance apparaît austère mais la qualité apparente Audi est bien là. Matériaux bien choisis et assemblage rigoureux sont de la partie. Malgré l’amplitude des réglages, la position de conduite m’est apparue typée camionnette (ok, j’exagère) avec un volant assez incliné vers l’avant. Défaut qu’on ne rencontre pas dans une BMW X1. On s’y fait vite cela dit.
Contact, le 5-cylindres essence émet une sonorité rauque et réjouissante : je quitte notre hôtel, à Innsbruck pour prendre la direction de l’Italie. Initialement, la direction (à assistance électrique) me paraît trop légère, aussi grâce à la touche Drive Select, je quitte le mode ‘Comfort’ pour le ‘Sport’. Le volant s’affermit mais pas assez, mais le moteur et la boîte se font plus réactifs.
En ville, le RS Q3 se montre docile et agréablement suspendu, alors que sur route, on peut commencer à exploiter les 310 ch. Le moteur reste une merveille de vigueur à mi-régime et d’énergie jusqu’à 7 000 tr/min. Et quel chant !
On a apprécié le confort et l’insonorisation de la bête sur autoroute également, alors direction les montagnes, en l’occurrence les somptueuses Dolomite, en Italie, après un trajet marqué par les encombrements.
Boîte en mode manuel, je commence à attaquer les virolos. On ne peut pas dire que le train avant soit très mordant, et la direction pourrait se montrer plus directe. Cela dit, l’adhérence apparaît remarquable et une fois qu’on a relâché l’emprise de l’ESP, on s’aperçoit que le train arrière, quand on le provoque par un lever de pied en appui, peut légèrement dériver. Une bonne surprise !

L’amortissement étonnamment souple vu le badge RS entraîne néanmoins de trop nombreux mouvements de caisse parasites, démultipliés par la hauteur de l’auto. Résultat, on a vite des sensations désagréables dans le cou. Avantage de cette souplesse, la RS Q3 absorbe très bien les compressions abordées à vive allure en courbe. Rassurant ! Globalement, les aspérités sont très bien digérées mais sur de forts freinages, on note une tendance de l’arrière à se dandiner. Et des freinages, il y en a eu lors des descentes de col. Puissant, le système s’actionne via une pédale un peu molle mais facile à moduler et l’endurance se révèle convenable.
Là encore, le moteur régale par son énergie et en ‘Sport’, la boîte commandée par les palettes conserve le rapport engagé quand on tape dans le rupteur. A ce moment, on tire sur la palette de droite pour passer la vitesse supérieure, et là, on note un retard de 1 à 2 sec avant que le pignons ne s’enclenche effectivement. Très agaçant.
A limite, il vaut mieux la laisser agir seule, même si je l’ai surprise à rentrer inopinément la première, générant pratiquement un à-coup, le moteur tournant alors à pratiquement son régime maxi. Curieux, car dans 99 % des cas, la S-Tronic se révèle douce et rapide, ponctuant l’accélération de détonations quand elle change de rapport à pleine charge, et gratifiant d’un coup de gaz au rétrogradage.
De retour sur des axes rectilignes, on apprécie la douceur du RS Q3, qui atteint en toute décontraction des vitesses délicieusement illégales. Mais on se dit que même s’il sort des ateliers de quattro GmbH, il est assez peu radical : plus S que RS en somme.

Face à la concurrence

C’est simple, il n’y a pas de concurrence directe. Il y aurait bien le BMW X1 35i, mais il n’est pas importé.

Pour le reste

Le RS Q3 coûte environ 7 000 € de plus en France qu’en Allemagne, ce qui s’explique notamment par un équipement supérieur, incluant entre autres choses le GPS, les projecteurs au xénon, ou encore la sellerie cuir. 90 exemplaires annuels sont prévus en France.

S.S.

Essai : Audi RS Q3, seul au monde
Caractéristiques Moteur : 5 cylindres, 2 480 cm3, turbo CO2 : 206 g/km Puissance : 310 ch à 5 200 tr/min Couple : 420 Nm à 1 500 tr/min Vitesse maxi : 250 km/h (limitée) 0 à 100 km/h : 5,2 sec (constructeur) Prix de base : 61 300 € En vente : maintenant
Moteur90%
Comportement70%
Qualité & Design85%
Confort & Pratique65%
Emotion75%
LES +
  • Moteur remarquable
  • Confort
  • Polyvalence
LES -
  • Prix
  • Mouvements de caisse
  • Train avant peu incisif
77%Note Finale
Note des lecteurs: (19 Votes)
59%

6 Réponses

  1. Xavier

    Test sympathique.
    Serait il possible de préciser si c’est un moteur Essence ou diesel ? (je sais qu’il s’agit d’un moteur essence, mais il existe un moteur diesel de puissance équivalente sur le Q5 313 ch, et il est facile de faire une confusion)
    Ainsi que la consommation officielle ?

    Merci et bonne continuation…

  2. maybachfan67

    @Pierre,
    oui et non, le juke nismo fait 200cv, 0-100 en 8,2s et vmax 200km/h (chiffres en boite auto 4×4 pour comparer avec une boite auto et 4×4 chez Audi).
    Le RS Q3 c’est 50% de cv en plus, 0-100 en 36% de mieux, Vmax bridé à 250, ok le tarif n’a rien à voir, mais les prestations non plus. 😉

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