Après des mois, des années d’attente, BMW Motorsport aura fini par dévoiler sa petite M – pour le moment en images uniquement. Une gamme BMW M qui s’étend des X5 et X6 M, d’un goût douteux, jusqu’à cette petite nouvelle. La première des Série 1 M à intégrer le clan Motorsport. Basée sur la 135i, elle tend vers les performances de la M3 à moteur V8 E92 (dont elle reprend plusieurs éléments) tout en affirmant s’être inspirée de la première génération de M3, l’E30 de 1988.
Au programme, 36 ch, 50 Nm gagnés et 35 kg perdus face à une 135i. Un kit moteur moins volumineux que le kit carrosserie. Comparée à une classique 135i ou plus encore à l’inspiratrice, M3 E30, cette Série 1 M Coupé s’avère en effet boursouflée, bodybuildée. Et tout le monde sait à quel point dans bien des cas, bodybuilding ne rime pas avec élégance. On nous le prouve ici. La 1 M ne passera pas inaperçu, c’est certain. Une carrosserie large rendue en partie nécessaire étant donné l’installation d’un train arrière issu de la M3 E92, intégrant le même autobloquant M. Cette 1M Coupé a également une voie avant sérieusement élargie, puisque de la même taille que celle arrière (issue de la M3 E92, on vient de le dire). Ainsi les voies s’avèrent plus larges que celles d’une 135i, de 71 mm à l’avant et 46 mm à l’arrière. Ce qui devrait clairement modifier sa dynamique et les mouvements de caisse. D’autant que les trains intègrent de nouveaux éléments en aluminium à la cinématique spécifique. Un châssis sur lequel veillera un contrôle de stabilité avec mode ‘M Dynamic’, autorisant notamment les dérives. Les changements les plus importants devraient ainsi concerner le châssis et sa dynamique, son acuité, ses capacités en courbe ou au changement d’appui.

Pour le reste, ce sera peut-être moins flagrant, moins radical côté changements. Certes, le 6-cylindres 3.0 turbocompressé à injection directe pourra offrir jusqu’à 340 ch à 5 900 tr/min et 450 Nm dès 1 500 tr/min (voire 500 Nm à l’aide d’un overboost, grâce à une 2nd option de la cartographie). BMW prédit des envolées jusqu’au delà des 7 000 tr/min. Ce seront 36 ch et 50 (voire 100) Nm de plus qu’une 135i, mais seulement 14 ch et 0 (voire 50) Nm de plus que le kit BMW Performance proposé pour le bloc de la 135i. L’évolution moteur de cette ‘pure Motorsport’ est donc un peu, comment dire… légère. Mais comme dans le cas du Cayman R face à la 911, il ne s’agit pas pour la petite Série 1 de se montrer plus performante que la sacro-sainte M3. Car la petite Motorsport annonce déjà des performances de taille : un 0 à 100 km/h de 4,9 sec et typiquement, 250 km/h (alors que la M3 à moteur V8 de 420 ch – et 1 655 kg – en est à 4,8 sec…). Plus de chevaux auraient donc eu tendance à chatouiller d’un peu trop près la grande sœur. De même, moins de poids aurait eu le même effet. La Série 1 M annonce 1 495 kg (DIN), 35 (annoncés) de moins qu’une 135i, alors qu’elle conserve un équipement complet intégrant cuir, sièges électriques, système audio ou encore GPS. Cela dit, elle affiche un rapport poids/puissance (4,4 kg/ch) bien meilleur que celui de sa source d’inspiration E30 (6,3 kg/ch), se rapprochant doucement de celui d’une M3 E92 (3,9 kg/ch). BMW Motorsport a donc visé un ratio entre celui d’une 135i et celui d’une M3 pour un positionnement somme toute logique, même si beaucoup auraient préféré un peu plus de chevaux et un peu moins de kilos.

Point décevant, il concerne le freinage. On sait et BMW M aussi, sans doute, que le dispositif d’une M3 à simple piston ne s’avère pas exactement à la hauteur des capacités de mise en vitesse d’une Motorsport. Or cette 1 M aura justement ce système à simple piston et étrier flottant. Certes tant à l’avant (360 mm) qu’à l’arrière (350 mm), les disques ventilés et perforés s’avèrent de taille, mais on peut craindre un freinage qui sous forte contrainte – ce qui devra bien arriver étant donné la vocation de l’auto – pourra montrer des signes de faiblesse. Des freins qui se cacheront derrière des jantes de 19’’ inspirées de la M3 CSL E46 et chaussées de gommes en 245/35 et 265/35, aussi imposantes que celles de la M3. L’empreinte au sol de cette 1 M sera donc bien différente de celle d’une 135i.
Au final, on attendra bien sûr les premiers essais du modèle de série, et les tarifs (estimés aux environs de 50 000 €, un peu au-delà), mais une petite BMW qui s’annonce intéressante si son châssis et sa dynamique démontrent des aptitudes particulières, sans quoi… L’auto sera commercialisée en nombre limité dès le printemps 2011 et pourra rivaliser face à une Focus RS500, une Audi RS3 dans un tout autre genre, ou encore une 370Z, un Cayman S ?

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